Lorsqu’une personne sollicite un accompagnement, elle attend naturellement des réponses.
Une direction.
Un avis.
Une recommandation.
Le conseiller possède de l’expérience.
Il a rencontré des situations similaires.
Il connaît les erreurs fréquentes et les chemins les plus empruntés.
Pourtant, accompagner ne consiste pas à décider à la place de l’autre.
La différence peut sembler subtile.
Elle est pourtant essentielle.
Orienter consiste à indiquer une direction.
Accompagner consiste à aider une personne à comprendre quelle direction lui correspond réellement.
Dans le premier cas, le centre de gravité se situe chez le conseiller.
Dans le second, il demeure chez le porteur.
Cette distinction devient particulièrement importante dans les projets entrepreneuriaux.
Car un projet ne se résume pas à une opportunité économique.
Il dépend également des ressources disponibles.
Des contraintes réelles.
Des préférences.
Du contexte de vie.
De la capacité à maintenir l’effort dans le temps.
Aucun conseiller, aussi compétent soit-il, ne peut vivre cette réalité à la place du porteur.
Son rôle est donc moins de prescrire que d’éclairer.
Moins de convaincre que de clarifier.
Moins de pousser dans une direction que de rendre les différentes trajectoires lisibles.
Cette posture demande parfois davantage de discipline que le conseil lui-même.
Elle implique de résister à la tentation de projeter sa propre vision.
D’accepter que plusieurs chemins puissent être pertinents.
De reconnaître que la meilleure décision n’est pas toujours celle que l’on aurait prise soi-même.
L’accompagnement crée de l’autonomie.
L’orientation crée de la dépendance.
L’un cherche à construire une capacité de décision.
L’autre cherche à fournir une réponse.
Les deux ont leur utilité.
Mais ils ne produisent pas les mêmes effets.
Et lorsqu’il s’agit d’entreprendre, la capacité à décider devient souvent plus précieuse que la décision elle-même.