Nous passons beaucoup de temps à imaginer.
Imaginer ce qui serait possible.
Imaginer ce qui pourrait fonctionner.
Imaginer ce que nous ferions si certaines conditions étaient réunies.
Cette capacité est précieuse.
Elle permet d’explorer.
De créer.
D’envisager des futurs différents.
Mais elle possède une limite.
Le réel finit toujours par répondre.
Un projet peut être imaginé en quelques heures.
Il faudra parfois plusieurs mois pour découvrir comment il se comporte réellement.
Une stratégie peut sembler évidente.
Le terrain révélera ce qu’elle contient de juste et d’approximatif.
Une décision peut paraître cohérente.
La réalité montrera si elle tient.
Le réel ne négocie pas.
Il ne se laisse pas convaincre.
Il ne s’adapte pas à nos intentions.
Il répond simplement à ce qui est.
C’est précisément pour cette raison qu’il est si précieux.
L’imaginaire produit des hypothèses.
Le réel produit des informations.
L’un ouvre des possibilités.
L’autre permet de les vérifier.
Lorsqu’un projet rencontre une difficulté, nous avons souvent tendance à considérer que le réel nous empêche d’avancer.
Une contrainte apparaît.
Un marché réagit différemment que prévu.
Un rythme s’avère impossible à tenir.
Pourtant, le réel n’est pas en train de s’opposer au projet.
Il est en train de lui répondre.
Il indique ce qui tient.
Ce qui ne tient pas.
Ce qui mérite d’être ajusté.
Ce qui demande à être abandonné.
Le réel résiste toujours.
C’est sa fonction.
Sans cette résistance, nous ne saurions jamais ce qui est réellement possible.
La question n’est donc pas comment éviter cette confrontation.
La question est comment apprendre à la lire.
Car tout projet finit par rencontrer le réel.
Et c’est souvent à ce moment-là qu’il commence véritablement à exister.