Un projet peut être rentable.
Avoir des clients.
Produire des résultats.
Et pourtant ne plus convenir à la personne qui le porte.
Cette situation est plus fréquente qu’il n’y paraît.
Au fil du temps, les projets évoluent.
Les marchés changent.
Les opportunités se présentent.
Les besoins des clients orientent certaines décisions.
Peu à peu, l’activité prend une forme qui répond à une demande réelle.
Mais cette forme n’est pas toujours compatible avec les ressources, les contraintes ou les préférences de son fondateur.
L’entrepreneur se retrouve alors dans une situation paradoxale.
Le projet fonctionne.
Mais il devient difficile à vivre.
Chaque nouvelle étape exige davantage d’énergie.
Chaque succès produit une charge supplémentaire.
Chaque client renforce un modèle qui n’est plus totalement aligné.
La plupart du temps, ce décalage s’installe progressivement.
Il ne provoque pas une rupture brutale.
Il génère une fatigue diffuse.
Une perte d’élan.
Une impression persistante de porter quelque chose qui ne ressemble plus complètement à ce qui devait être construit.
La réponse n’est pas nécessairement de tout abandonner.
Le plus souvent, le projet contient déjà les éléments de sa propre évolution.
Certaines activités peuvent être réduites.
Certaines offres peuvent être recentrées.
Certaines ambitions peuvent être reformulées.
L’objectif n’est pas d’adapter le porteur au projet.
L’objectif est de retrouver une cohérence entre les deux.
Car un projet n’est pas seulement censé produire des résultats.
Il est également censé rester habitable pour celui qui le construit.
Lorsqu’il cesse de l’être, il mérite d’être relu.