Il arrive qu’un même porteur rencontre deux conseillers et reparte avec deux lectures différentes de sa situation.

Pour certains, cela constitue un problème.

Pour d’autres, c’est simplement la preuve que l’accompagnement reste un travail profondément humain.

Chaque conseiller observe à travers son expérience.

L’un repère immédiatement les opportunités commerciales.

L’autre s’intéresse davantage aux ressources du porteur.

Un troisième perçoit d’abord les contraintes ou les risques.

Aucun n’a nécessairement tort.

Ils regardent simplement la même réalité depuis des angles différents.

La difficulté apparaît lorsque le cadrage initial est insuffisant.

Plus les informations sont incomplètes, plus les interprétations prennent de place.

Le conseiller est alors obligé de combler les zones d’ombre.

Il formule des hypothèses.

Il reconstruit des liens.

Il complète ce qui manque à partir de son expérience.

C’est précisément là que les écarts apparaissent.

Car deux personnes ne formulent jamais exactement les mêmes hypothèses.

L’objectif d’un bon cadrage n’est pas de supprimer les différences de regard.

Ces différences sont précieuses.

Elles enrichissent l’accompagnement.

L’objectif est de faire en sorte que tous travaillent à partir d’une compréhension commune de la situation.

Les ressources.

Les compétences.

Les contraintes.

Les préférences.

Le contexte.

Plus cette base est solide, plus les échanges portent sur les décisions à prendre plutôt que sur l’interprétation des faits.

Le conseiller conserve alors ce qui fait sa valeur : sa capacité d’analyse.

Mais il l’exerce à partir d’un réel mieux décrit.

Et lorsque le réel est mieux décrit, les divergences deviennent souvent plus fécondes que contradictoires.