Lorsque l’on envisage un nouveau projet, l’attention se porte spontanément sur ce qui manque.
Plus de temps.
Plus d’argent.
Plus d’expérience.
Plus de réseau.
Plus de visibilité.
Cette manière de regarder une situation est compréhensible.
Elle est aussi incomplète.
Car elle laisse souvent dans l’ombre ce qui est déjà disponible.
Or un projet ne se construit pas uniquement à partir de ressources futures.
Il se construit d’abord à partir de ressources présentes.
Le problème est que nous identifions facilement nos manques.
Beaucoup moins facilement nos appuis.
Les compétences acquises paraissent ordinaires.
Les expériences accumulées semblent évidentes.
Les relations existantes deviennent invisibles à force d’être familières.
Pourtant, ce sont souvent ces éléments qui permettent les premiers mouvements.
L’idée qu’il faudrait disposer de tout avant de commencer produit une conséquence particulière :
Elle repousse indéfiniment l’action.
Le moment idéal devient une condition préalable.
Et ce moment idéal finit rarement par arriver.
Le réel fonctionne autrement.
Il ne demande pas si tout est prêt.
Il demande ce qui peut être mis en mouvement maintenant.
Cette question change profondément la perspective.
Elle déplace l’attention des manques vers les possibilités.
Non pour nier les difficultés.
Mais pour identifier ce qui existe malgré elles.
Le suffisant n’est pas l’abandon de toute ambition.
C’est la reconnaissance que l’action commence toujours à partir de quelque chose.
Jamais à partir de tout.
Et ce quelque chose est souvent déjà présent.