Lorsqu’un projet ralentit, le premier réflexe consiste souvent à ajouter quelque chose.
Une nouvelle offre. Un nouveau canal d’acquisition. Un nouveau service. Une nouvelle cible.
L’intention est compréhensible : si les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes, il paraît logique de faire davantage.
Pourtant, de nombreux projets ne souffrent pas d’un manque d’actions. Ils souffrent d’un excès de complexité.
Avec le temps, les couches s’accumulent.
Une offre créée pour répondre à une demande ponctuelle devient permanente. Un service complémentaire s’ajoute au cœur d’activité. Une cible secondaire finit par prendre autant de place que la cible principale. Ce qui devait enrichir le projet finit par le disperser.
La difficulté est que cette complexité s’installe progressivement. Elle paraît justifiée à chaque étape.
Ce n’est qu’après coup que l’on constate que l’énergie est répartie entre trop de sujets, trop de décisions et trop de priorités concurrentes.
Simplifier n’est pas réduire par principe.
Simplifier consiste à identifier ce qui crée réellement de la valeur et à accepter de laisser le reste au second plan.
Cette démarche demande souvent davantage de lucidité que d’ajouter quelque chose de nouveau.
Elle oblige à reconnaître que certaines activités occupent beaucoup de place sans produire de résultats proportionnels. Elle conduit parfois à abandonner des pistes dans lesquelles du temps et de l’énergie ont déjà été investis.
C’est précisément pour cette raison que la simplification est difficile.
Elle ressemble à une perte alors qu’elle constitue souvent un gain de cohérence.
Les projets qui avancent durablement ne sont pas nécessairement ceux qui font le plus de choses. Ce sont souvent ceux qui savent concentrer leurs ressources sur un nombre limité d’actions réellement utiles.
Faire moins n’est pas toujours reculer.
Dans certains cas, c’est la condition pour recommencer à avancer.