Une situation revient fréquemment dans l’accompagnement entrepreneurial.

Le porteur affirme manquer de ressources.

Manquer d’expérience.

Manquer de compétences.

Puis, au fil des échanges, une réalité différente apparaît.

Il a déjà coordonné des équipes.

Géré des budgets.

Animé des réseaux.

Résolu des problèmes complexes.

Développé des savoir-faire transférables.

Simplement, il ne les considérait pas comme utiles à son projet.

Cette difficulté est parfaitement normale.

Nous avons tendance à sous-estimer ce qui nous paraît naturel.

Ce que nous faisons facilement nous semble souvent banal.

Nous réservons le mot “compétence” à ce qui paraît exceptionnel.

Or de nombreuses ressources entrepreneuriales se cachent précisément dans ce qui semble ordinaire.

Savoir écouter.

Structurer une information.

Créer de la confiance.

Organiser un travail.

Animer une communauté.

Ces capacités ne sont pas toujours identifiées spontanément.

Pourtant, elles influencent fortement la capacité à faire émerger ou évoluer un projet.

L’accompagnement ne consiste donc pas uniquement à apporter de nouvelles connaissances.

Il consiste aussi à révéler ce qui existe déjà.

À mettre en lumière des ressources invisibles pour celui qui les possède.

Cette étape est souvent décisive.

Car il est difficile d’agir à partir de ressources que l’on ne reconnaît pas soi-même.

Le rôle du conseiller n’est pas seulement d’aider à avancer.

Il est parfois d’aider à voir.

Voir ce qui est déjà là.

Voir ce qui est déjà mobilisable.

Voir ce qui était devenu tellement familier qu’il avait fini par disparaître du regard.

Et parfois, cette prise de conscience modifie profondément la trajectoire d’un projet.