La plupart des projets commencent par une idée.
Une envie.
Une intuition.
Une ambition.
Puis vient la question :
Comment rendre cette idée possible ?
Cette logique est devenue si habituelle qu’elle paraît naturelle.
Pourtant, elle contient un risque.
Celui de construire un projet avant de comprendre la réalité dans laquelle il devra vivre.
Car un projet n’existe jamais seul.
Il s’inscrit dans une situation.
Des ressources sont disponibles.
D’autres ne le sont pas.
Certaines compétences sont déjà présentes.
D’autres devront être développées.
Des contraintes existent.
Qu’on les apprécie ou non.
Le contexte produit ses propres possibilités et ses propres limites.
Ignorer ces éléments ne les fait pas disparaître.
Ils continuent d’agir.
Simplement, ils agissent contre le projet plutôt qu’avec lui.
Partir du réel ne signifie pas renoncer à l’ambition.
Cela signifie lui donner un point d’appui.
L’ambition seule produit des directions.
Le réel permet de produire des trajectoires.
L’une relève de l’intention.
L’autre de la mise en mouvement.
Les projets qui tiennent dans la durée ne sont pas nécessairement les plus ambitieux.
Ils sont souvent ceux qui ont trouvé un équilibre entre ce qui est souhaité et ce qui est réellement mobilisable.
Le réel n’est pas un frein au projet.
Il est ce qui lui permet d’exister.
Avant de se demander ce qu’il serait possible de faire, il peut être utile de regarder ce qui est déjà là.
Très souvent, le point de départ est plus riche qu’il n’y paraît.