Lorsqu’un projet réussit, l’histoire racontée après coup paraît souvent simple.
Une idée est apparue.
Quelqu’un a décidé de la poursuivre.
Le projet a pris forme.
Cette version est séduisante.
Elle donne l’impression que les projets naissent soudainement.
Comme des évidences.
Comme des intuitions parfaites.
La réalité est généralement différente.
La plupart des projets sont le résultat d’une accumulation discrète.
Des expériences.
Des rencontres.
Des compétences acquises parfois plusieurs années auparavant.
Des contraintes qui obligent à regarder autrement une situation.
Des préférences qui orientent progressivement certaines décisions.
Aucun de ces éléments ne ressemble encore à un projet.
Pourtant, ils préparent déjà son apparition.
Le projet n’arrive pas de nulle part.
Il se construit en arrière-plan.
Souvent sans que son porteur en ait pleinement conscience.
C’est seulement lorsqu’un certain niveau de cohérence apparaît que l’ensemble devient visible.
Nous appelons alors cela une idée.
Mais cette idée est rarement un point de départ.
Elle est davantage une conséquence.
La conséquence d’un ensemble d’éléments qui cherchaient déjà à se relier.
Comprendre cela change le regard que l’on porte sur l’entrepreneuriat.
Il ne s’agit plus de chercher l’inspiration parfaite.
Il s’agit d’observer ce qui existe déjà.
Ce qui se répète.
Ce qui revient.
Ce qui semble vouloir prendre forme.
Les projets ne tombent pas du ciel.
Ils émergent d’une réalité qui était déjà en mouvement.