Lorsqu’un projet devient difficile, nous cherchons souvent la cause à l’extérieur.

Le marché.

La concurrence.

Le financement.

Le contexte économique.

Ces éléments jouent évidemment un rôle.

Mais certaines difficultés naissent ailleurs.

Elles apparaissent lorsque le projet exige durablement une manière de fonctionner qui ne correspond pas à celui qui le porte.

Certaines personnes aiment la stabilité.

D’autres la variété.

Certaines aiment construire lentement.

D’autres avancent par expérimentation rapide.

Certaines apprécient les interactions permanentes.

D’autres ont besoin de longues périodes de concentration.

Aucune de ces préférences n’est un défaut.

Aucune n’est un avantage.

Elles décrivent simplement une manière de fonctionner.

Lorsqu’un projet respecte cette manière de fonctionner, une partie de l’effort disparaît.

L’énergie circule plus naturellement.

Les décisions deviennent plus simples.

La progression paraît plus fluide.

À l’inverse, lorsqu’un projet exige en permanence l’inverse de ce que son porteur est capable de maintenir durablement, chaque action coûte davantage.

Le projet continue parfois à avancer.

Mais au prix d’une fatigue croissante.

D’une tension permanente.

D’un sentiment diffus de devoir constamment se forcer.

Le problème n’est pas le travail.

Le problème est la lutte permanente contre son propre fonctionnement.

Travailler contre soi peut produire des résultats à court terme.

Rarement à long terme.

Car l’énergie dépensée pour compenser finit toujours par manquer ailleurs.

Un projet viable n’est pas seulement un projet qui fonctionne.

C’est un projet qui reste habitable.