Beaucoup de projets restent immobiles pour une raison simple.

Ils attendent leur version idéale.

La bonne idée.

Le bon moment.

La bonne configuration.

Le bon niveau de préparation.

Cette recherche paraît raisonnable.

Elle donne l’impression d’exiger de la rigueur.

Mais elle produit souvent l’effet inverse.

Le projet idéal possède une caractéristique particulière :

Il n’existe que dans l’imaginaire.

Dans la réalité, tout projet comporte des limites.

Des contraintes.

Des zones d’incertitude.

Des compromis.

Attendre une situation parfaite revient alors à attendre quelque chose qui ne se présentera probablement jamais.

Pendant ce temps, le réel continue d’évoluer.

Les opportunités passent.

Les apprentissages n’ont pas lieu.

L’expérience reste théorique.

Le paradoxe est que la plupart des projets solides ne commencent pas dans des conditions idéales.

Ils commencent dans des conditions réelles.

Avec ce qui est disponible.

Avec ce qui manque.

Avec ce qui fonctionne déjà et ce qui devra évoluer ensuite.

Le projet idéal rassure parce qu’il évite l’imperfection.

Le projet réel avance parce qu’il l’accepte.

L’objectif n’est pas de viser moins haut.

L’objectif est de comprendre qu’une trajectoire se construit rarement à partir d’une situation parfaite.

Elle se construit à partir d’une situation suffisamment claire pour permettre une première action.

Le projet idéal est une destination imaginaire.

Le projet réel est un point de départ.

Et seul le second permet de se mettre en mouvement.